9 mai, Journée de l’Europe: Tribune de Françoise Grossetête et de Michel Dantin : « Arrêtons d’avoir l’Europe honteuse et choisissons de défendre l’idéal européen »

Publié le : 10/05/2016

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TRIBUNE DAUPHINE

Le Dauphiné Libéré, 09 mai 2016.

Chaque année, nous célébrons le 9 mai la Journée de l’Europe. Une date que nous avons tous apprise dans nos livres d’Histoire, mais que beaucoup ont oublié. Pourtant, le 9 mai 1950, un ministre français visionnaire, Robert Schuman, proposait aux pays européens ravagés par la guerre de lier leurs destins pour construire la paix. L’Europe politique était née.

66 ans plus tard, l’Europe a vieilli et ses citoyens la délaissent. Pire, ils l’accusent. Trop bureaucratique et normative, pas assez démocratique et incapable de gérer les crises… Elle serait responsable de tous les maux. L’Europe ne fait plus rêver. La force économique acquise ensemble fait pourtant de l’Union européenne la première puissance exportatrice au monde, et l’euro a acquis la seconde place en monnaie d’échange.

De nombreuses réussites concrètes sont pourtant à son actif, dont la libre-circulation des personnes et des biens, la politique agricole commune, l’euro, Erasmus. L’Europe est enfin bien plus proche de nous qu’on ne le pense : la cantine de l’école, la rénovation de la salle des fêtes aux normes environnementales, les actions de l’association de quartier, le développement de PME innovantes, le tunnel de base de la liaison ferroviaire Lyon-Turin. Autant de projets que l’Europe finance dans notre territoire grâce aux 1,3 milliards de fonds européens attribués à la Région Rhône-Alpes-Auvergne pour 2014-2020.

Mais entre critiques et réussites tangibles, l’Union doit avancer et se réinventer, agir au lieu de réagir. Elle doit arrêter de gérer les crises comme un boxeur qui encaisse les coups, pour enfin sortir des cordes. Nous avons aujourd’hui besoin de retrouver une unité et une solidarité autour d’un projet offensif et politique, qui nous permette de relever les défis de la mondialisation. L’Union doit se voir accorder des moyens à la hauteur des défis qu’on lui demande de relever.

Ce projet doit se dessiner autour de quelques éléments essentiels. D’abord, préalable indispensable, la relance du moteur franco-allemand, qui a terriblement souffert du recul de l’influence française lié à l’effacement de François Hollande dans la prise de décision communautaire. Ensuite, une convergence accrue entre les grandes économies de l’UE, en matière économique, fiscale mais aussi sociale. Dans une Europe à 28 États au développement économique et social hétérogène, il faudra sans doute que quelques pays progressent d’abord seuls. Car l’Union ne peut plus se payer le luxe d’une intégration inachevée, sinon elle se désintégrera.

La bataille de la croissance et de l’emploi doit structurer ce projet. Une nouvelle révolution industrielle se prépare avec le développement des technologies dans le domaine de la robotique, des nano-et biotech, du numérique, du spatial… Ces technologies promettent de changer nos modes de vie et de consommation, au niveau mondial. Elles vont ouvrir de formidables opportunités dans des secteurs comme l’énergie, la santé ou encore l’agriculture. L’Europe ne doit pas en avoir peur mais au contraire se positionner pour prendre le virage de cette nouvelle révolution sans naïveté et en tirer les bénéfices. C’est une question de souveraineté ! Si aujourd’hui nous refusons le progrès au nom du principe de précaution, alors demain nous serons dépendants de nos concurrents qui eux possèderont ces technologies.

Ce projet européen renouvelé devra bien sûr être porté et partagé par les citoyens. Car trop souvent les gouvernements nationaux, par égoïsme, mauvaise volonté ou manque de courage, refusent d’affronter les périls. Pour surmonter ces réticences, il faudra que l’Europe réponde aux aspirations des peuples.

L’Europe n’est pas seulement un marché unique. C’est avant tout une construction politique et démocratique, inédite dans l’Histoire, au service de valeurs universelles, humanistes et chrétiennes que nous devons continuer à promouvoir et que nous n’avons pas le droit d’abandonner.

Alors entrons en résistance, refusons de céder aux discours populistes et rétrogrades. Arrêtons d’avoir l’Europe honteuse et choisissons au contraire de défendre l’idéal européen car en le défendant, nous défendrons un idéal pour la France.

Nous vous souhaitons à toutes et à tous une belle journée de l’Europe !

 

Michel DANTIN

Député européen

Maire de Chambéry

 

Françoise GROSSETETE

Députée européenne

Vice-Présidente du Groupe PPE

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