Brexit : l’heure n’est plus au débat mais à l’action (La Tribune)

Publié le : 29/06/2016

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Par Françoise Grossetête, députée européenne  |   |  674 mots
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Après la décision du peuple britannique, l’heure n’est plus au débat mais à l’action. Il s’agit de tirer toutes les conséquences du résultat de ce référendum. Il importe avant tout d’être clair. Il n’y aura pas de nouvelles négociations ni de traitement de faveur. Mais au-delà du sort britannique, il faut se poser les bonnes questions, et ne pas faire de l’Europe un bouc émissaire permanent, mais redonner du sens à cette communauté de destins. Par Françoise Grossetête, députée européenne LR, 1ère Vice-Présidente du groupe PPE au Parlement européen.

Le 23 juin dernier, le peuple britannique a tranché. Après plus de 40 ans d’une relation souvent tortueuse, le divorce est prononcé entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Je regrette cette décision, mais nous devons bien sûr respecter ce choix souverain. Désormais, l’heure n’est plus au débat mais à l’action. Il s’agit de tirer toutes les conséquences du résultat de ce référendum.

Le gouvernement britannique doit être responsable

Il importe avant tout d’être clair. Il n’y aura pas de nouvelles négociations ni de traitement de faveur. La Grande-Bretagne a choisi sa voie. Les négociations de sortie doivent maintenant se faire le plus rapidement possible afin que l’Europe, qui est confrontée à des défis majeurs, ne rentre pas dans une phase de paralysie. Le gouvernement britannique doit être responsable.

Le Parlement européen, dans sa majorité, souhaite être ferme. Le Royaume-Uni restera un partenaire privilégié, mais on ne peut imaginer que les députés européens britanniques continuent à voter des textes qui ne les concernent plus. Toute autre solution ne serait ni démocratique, ni respectueuse de la souveraineté des autres peuples européens.

Remise en question profonde du projet

Sans attendre, l’Europe et la zone euro doivent aller de l’avant. L’Europe a commencé sans la Grande-Bretagne et elle continuera sans elle. Il n’est pas question de s’en tenir à de grands discours ou à des échanges courtois ! Nous ne pouvons pas faire l’économie d’une remise en question profonde du projet que nous voulons porter pour le continent.

La France et l’Allemagne, en particulier, doivent être à la hauteur de ce moment historique pour donner un nouveau souffle au projet européen, montrer un visage de l’Union plus humain, et apporter les réponses concrètes tant attendues par nos concitoyens. François Hollande, qui a cruellement déserté la scène européenne depuis son élection, avec les conséquences dramatiques que l’on voit, doit entendre ce message !

Le marché unique ne suffit plus à rapprocher les citoyens

Les responsables politiques de tous bords, les gouvernements nationaux et les médias portent aussi une responsabilité immense dans l’échec que nous connaissons aujourd’hui. Faire de l’Europe un bouc émissaire permanent est une stratégie dangereuse, qui ne sert que les populistes et les démagogues. Le pari perdu de David Cameron et l’état de déconfiture dans lequel il laisse son pays le montrent ; jouer avec le feu n’est pas sans risque…

Les résultats de ce référendum doivent servir de leçon à tous. Les inventaires à la Prévert sur les avancées du marché unique, qui réduisent nos concitoyens à l’état de consommateurs, ne suffisent plus pour rapprocher les citoyens de l’Europe. Le marché intérieur est certes un acquis considérable, mais il est grand temps de sortir de ces argumentaires technocratiques et de le clamer enfin : l’Europe n’est pas qu’un grand marché, un assemblage de programmes sectoriels, une machine à produire des normes… L’Europe a une âme, une Histoire, une culture !

Communauté de destins

Les Nations du continent sont héritières d’une Histoire millénaire, parfois glorieuse, parfois tragique. Elles partagent ensemble, malgré leurs différences, une culture et des valeurs communes, ancrées dans le christianisme, le respect de l’Humain et de sa dignité, l’État de droit et la liberté. Elles ont en commun une adhésion à l’économie de marché, placée avant tout au service de l’Homme.

Elles se retrouvent, enfin, autour d’une certaine vision de la société, solidaire et veillant à ne pas laisser les plus faibles au bord du chemin. Par-delà nos divergences, beaucoup d’éléments rassemblent les nations d’Europe, les conduisant naturellement à coopérer pour préserver et promouvoir nos valeurs et notre mode de vie dans la mondialisation.

Une communauté de destins au service des peuples du continent et des valeurs qu’ils partagent. C’est cela que doit aspirer à devenir l’Europe post-Brexit.

Accessible sur le site de La Tribune

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