Conseil européen : « Face à nos partenaires, il ne suffit plus de promettre, il faut surtout convaincre »

Publié le : 24/10/2017

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Ce Conseil européen fut l’occasion pour le sprinter Macron de se confronter à la course de fond européenne. Face à nos partenaires, il ne suffit plus de promettre, il faut surtout convaincre. La taxation des géants du numérique fut un premier défi pour le Président Macron, alors que certains États membres veulent continuer à profiter honteusement du dumping fiscal. Je ne crois pas cependant qu’il faille se réjouir de cette épine dans le pied du Président de la République. C’est au contraire le signe qu’il est plus que temps de réformer ambitieusement l’Europe, en permettant des coopérations à géométrie variable et en revoyant la règle de l’unanimité au Conseil. Des réformes pour lesquelles le volontarisme politique du chef de l’Etat sur la scène européenne sera absolument nécessaire.

L’Europe de la défense est un autre domaine dans lequel cette volonté politique ne devra pas fléchir. Je me réjouis que les États membres aient réitéré leur souhait d’un calendrier ambitieux pour la mise en place du programme européen de développement industriel dans le secteur de la défense, projet pour lequel je suis rapporteur au Parlement européen. Il doit permettre le renforcement de la coopération industrielle dans un domaine si stratégique pour l’indépendance et la souveraineté européenne, garante de la capacité de notre pays à exister sur la scène internationale.

Je me félicite aussi de la fermeté affichée par l’Europe face au Brexit, dont les négociations patinent, notamment sur la question de la facture. Le Royaume-Uni doit tenir tous ses engagements financiers et comprendre que l’isolement a forcément un coût. Cependant, un Brexit dur aurait aussi un coût pour l’Europe, dont l’économie pourrait souffrir de la concurrence déloyale britannique. Tâchons de trouver un accord qui profite à tous.

J’aurais souhaité cependant que la même fermeté soit affichée, notamment par Emmanuel Macron, sur la question de la Turquie. Alors que le Conseil a enfin acté une diminution des aides de pré-adhésion, j’appelle à cesser le double langage. Les négociations sont gelées, et la Turquie n’a pas de perspective européenne, nous devons le lui dire clairement et en tirer toutes les conséquences.

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